Diaspora congolaise : pouvoir et musique dans le même sac ?

L'artiste musicien Papa Wemba (Tomas/Flickr/CC)

Un groupe de congolais de la diaspora assimile des artistes musiciens aux collaborateurs du régime en place en République Démocratique du Congo. Ils se nomment des « Combattants » ou des « résistants ». Leur mouvement parti de Londres, il y a quelques années, vient d’atteindre Paris. Ce weekend, Papa Wemba et  Werrason, deux vedettes de la musique congolaise, ont été les premiers à payer les frais.

A Bruxelles et à Paris, des centaines de Congolais sont descendus dans la rue, le samedi 19 février, pour réclamer le départ du président de la République Démocratique du Congo. Au rythme de « Kabila dégage », ceux de Bruxelles sont allés finir leur marche à quelques mètres du local de leur représentation diplomatique. Voir le reportage de Rtl.Tvi.

A Paris, la marche de colère s’est transportée sur le terrain artistique. Pourtant, tout a commencé comme une manifestation classique contre le régime : dénonciation des violations  des droits fondamentaux, des viols, des assassinats, de la misère de la population, …et la réclamation de « la démission immédiate » de Joseph Kabila, l’actuel président de la République.

[dailymotion xh48qt]

Puis, une partie de manifestants s’est rendue devant la salle Elysée Montmartre. Avec un seul objectif. Empêcher le concert de deux de grandes stars de la chanson congolaise moderne prévu dans la soirée. Résultat : concert de Papa Wemba et Werrason annulé. Sur des vidéos postées sur youtube, le ton de ces « combattants » de Paris est sans appel. « Il n’y aura plus de concert à Paris ». Ils accusent des artistes musiciens d’être à la solde du pouvoir. « Ils sont utilisés par Kabila pour nous distraire » affirme un de leur, « le colonel Odon ». Voir le reportage de Marc Tabu de Congonumber1.

[youtube Vdb2qOQSPyQ]

« Faux », on rétorque du côté des artistes. Sur le plateau de l’émission Karibu Variétés de ce dimanche 21 février à Kinshasa, un porte-parole de Werrason a rappelé que l’artiste « n’est pas un politicien et n’a jamais créé un parti politique ». A Paris, l’entourage du chanteur est passé à l’offensive sur le net. Des vidéos des « actions humanitaires » du leader du groupe Wenge musica maison mère circulent déjà à travers les sites d’actualité musicale congolaise et les réseaux sociaux. On voit l’artiste aux côtés des femmes violées à l’est de la République Démocratique du Congo.

 

Werrason assiste les femmes violées à Goma

 

Sur la toile, ça se discute.

 

Débat ouvert sur le site congobilili

Bikeko de Congobilili a ouvert, le dimanche, le débat. Pour lui, les choses ne bougeront pas au Congo en « s’attaquant aux pauvres artistes » en Europe. Il est rejoint dans sa position par Bocamag qui s’interroge sur l’acharnement des « combattants » sur les artistes : « Pourquoi s’attaquent-ils aux musiciens ? Il y a nos ambassades en Europe. Il faut aller plutôt s’attaquer aux ambassadeurs, représentants du gouvernement ou aller manifester au pays comme le font les Tunisiens, les Egyptiens, … »

Autre son de cloche du côté de John Muluke. Un son de soutien à l’action des « combattants » : « Empêcher le concert d’un musicien qui soutient et fait la propagande du régime actuel est un moyen utilisé pour attirer l’attention de l’opinion publique et envoyer un message au pouvoir de Kinshasa ».

« Comment peut-on chanter et danser pendant que nos mamans se font violer au Kivu et la misère ronge la population ? Ces musiciens devraient jouer le rôle de défenseurs de l’opinion publique par leurs chansons pour dénoncer l’injustice sociale » avance V12.

Sont-ils pour autant des « collabos » ? Le débat reste ouvert. Et pourtant, doit-on le rappeler, les relations musiciens – politiciens ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis toujours, les artistes musiciens congolais chantent pour des politiques, sinon les « lancent des mabanga » (Traduisons avec Cédric Kalonji : Mabanga: littéralement «cailloux» en Lingala — un mot qui signifie en fait «louanges», car au Congo, «lancer des cailloux» c’est lancer des fleurs.). Un modèle économique de la musique congolaise.

The following two tabs change content below.

9 réflexions au sujet de « Diaspora congolaise : pouvoir et musique dans le même sac ? »

  1. ces faux combattants sont dans la plupart des cas des faux refugiés ayant fui leur pays pour des raisons économiques, il faut qu’ils retournent au pays pour combattre le président KABILA.
    Ils doivent cesser de deranger les ambassadeurs de notre culture.
    Ils sont très violents ces faux refugiés.

  2. ba pondu oyo batu batutaka kin na 21h po balia na 1h bino boyebi yango té ?
    TOBOZO SALA SEMBLANT ?LIBERTé EKOZALA JOUR TOKOKOMA NABA ECOLE YA OFELé
    jour ba parents na bisso bakozala payer
    ba parents impayer mais classe il faut tofuta MIRIAM MAKEBA AZALA COMBANTANTE NA AFRIQUE DU SUD ,ba musiciens na bisso bamalanda soso miyibi ,balokosso yambo
    mutu oyo azoloba batika kabila aza liboma, ba combattant ba continuée moi je leur encoure , ba jeune filles nionso na kin bakoma bandumba, ba parents na bisso impayer

  3. c’est normal que le chose bouge ;il faut que le congolais bouge et en parle
    nos parents sont impayer demineurs de dix ans au congo sont venu des prostituées malgre que ils sont loin moi je leur encourege de se mobiliser encore et encore
    nos musiciens le faites de chanter ces cons des politiciens qui prennent tout dans leurs poche ,et nous le semi analphabete finirons encore par voter kabila
    vous dites qu’ils viennent le faire là bas koutino et ou ?
    si on se revolte comme en lybie nous avons bien que ils vont nous turés deçu

  4. Soyons sérieux, mes freres. Le congo est notre pays et vous autres préferez se distraire avec les musiciens et chansons au moment où nos meres,soeurs sont violées et nos peres et freres tués? si nous n’acceptons pas d’arreter nos distractions et ns occuper d nos politiciens par c k ns sommes bien à l’etranger, c vraiment injuste et ns n’aimons pas notre pays. n’ayons pas une memoire courte pr dire k ceux qui veullent aller combattre doivent rentrer au pays, avons ns deja oublié le sort de notre frère Armand Tungulu?

  5. Je trouve que cette revendication bien que fondée mais sa destination est contraire à la logique. Pourquoi s’attaquer à des groupes apolitiques et prétendre manifester une opposition au gouvernement Kabila par cette folie. Soyez humains, vs auteurs de cette déviation, sans le moindre respect et notion du patriotisme, vs évoquez la souffrance de la population congolaise. la rébellion telle hors son pays est une faiblesse aussi ridicule.Quelle gramme de compassion possédez vous lorsque sans courage vous vous cachez a l’étranger sous étiquette des faux réfugiés ou diaspora. cessez de jouer au cons et laissez la liberté à ces musiciens d’oeuvrer sans obstacle, si votre vouloir de voir Kabila quitter le pouvoir par contrainte est sincère, retournez manifester au pays et partagez souffrance avec les victimes de torture et autres sorts atroces évoques par vs jusqu’au résultat positif identique à la Tunisie et Egypte.

    1. Pas grand chose à dire, mon frère Popaul a bien explicité; ce n’est pas par ce genre d’acte qu’il sera possible de déloger le pouvoir en place. Revenez au pays, manifester comme en Égypte, Tunisie, Libye et autres jusqu’à un résultat positif, revenez partagez souffrance avec les victimes de torture et autres sorts atroces, mais arrêter d’insulter les pauvres congolais dans la misère que vous évoquez, n’ajoutez pas la souffrance aux pauvres compatriotes musiciens qui n’ont rien avoir avec la politique.
      Revenez au pays, montrez que vous l’aimez et souffrons ensemble pour combattre tout ce qui mal. mais soyez responsables. combien autant que vous manifestez ont pensé à offrir un dixième de leur revenu à ces misérables comme vous avez l’habitude de les caractériser…Matthieu 25:35 comprenait que la vie n’est pas une compétition, ni un match de football où on se sent bien tout en restant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *