Réveillon chez les « diaspora »: ça sent l’Afrique !

La danse du cheval "punda" exécutée par la diaspora

Communautarisme ou souci de retrouver l’ambiance africaine ? Cette question m’est venue vite à l’esprit lorsque mon oncle m’a proposé d’aller fêter le réveillon avec les autres Congolais vivant au Danemark. J’ai donc accepté la proposition pour trouver la réponse à mon interrogation.

A la congolaise

Les Congolais de Danemark sont venus de Randers, Aarhus, Skive, Aalborg, Skanderborg, Vejle ou Odense. Et ils se sont fixé rendez-vous à Viborg. A 75 DKK, environ 10 €, le tarif ne pouvait pas décourager les « invités ». Surtout lorsqu’on vient d’Afrique, mieux encore du Congo. Un pays où tout se marchande, même les permis de conduire, les impôts et taxes…malheureusement !

Du froid polaire à la chaleur africaine, il n'y avait qu'un pas.

« Tiens, voici 200 DKK pour trois personnes. » Le marché est conclu. Me voilà dans la salle de réveillon. A peine arrivé, je me sens en Afrique. Et pourtant, je suis en Scandinavie. Il ne fait plus froid. Les relations humaines sont intenses, chaleureuses et vivantes. Les gens se parlent avec convivialité.

A minuit, le réveillon démarre véritablement par les chansons religieuses. Ils sont restés croyants même s’ils vivent dans une société où la foi appartient à une autre époque. Chants de louange et surtout danses à la gloire du Seigneur accompagnent ces premiers moments de la soirée. Rien à voir avec l’ambiance des églises européennes. Où tout est calme comme dans les messes de requiem en Afrique.

Des retrouvailles et des nostalgies

Certains ne s’étaient plus revus depuis le réveillon de l’année dernière, d’autres ne se sont jamais croisés. Par la magie d’une soirée en communion, ils se retrouvent. Autour d’un verre, au rythme de la musique congolaise dans tous ses états. Du folklore à la musique congolaise moderne. Mais aussi de la RNB et de l’Hip-hop. Mondialisation oblige.

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Echange des numéros de téléphones. Partage des nouvelles. On se raconte ce qu’on est devenu. Des frères restés en Afrique qui ne cessent d’implorer qu’on les fasse venir au nord. Des affaires entamées au pays mais qui n’ont pas marché. « Ils pensent là-bas qu’ici, nous cueillons de l’argent comme des feuilles sur un arbre » ironisent-ils

Pour beaucoup, belle opportunité pour reprendre contact

Plus loin, des nostalgiques. La « femme africaine » leur manquerait-elle ? Apparemment, non. Certains ont épousé des Africaines, des Congolaises. D’autres vivent avec les Européennes. Mais, presque tous ont le même « problème ». Un vide. « Je préfère rentrer au pays et ne pouvoir plus revenir au Danemark parce qu’une femme m’en empêche. Cette femme qui te soigne. T’enlève délicatement la chemise quand tu rentres du boulot. Te glisse les pieds dans un bassin d’eau tiède, … » radote un d’entre eux. On dirait que les femmes occidentales n’atteignent pas toutes leurs attentes. On dirait aussi que les femmes africaines en Europe s’occidentalisent…Je dirais juste la femme !

Solidarité au rendez-vous

Brutalement, la musique s’arrête. Les conversations aussi. Fin de la soirée ? Non. On annonce qu’il y a un message important. En lingala, un des organisateurs de la soirée prend la parole. Pendant près de 5 minutes, il appelle toute la communauté congolaise de Danemark à cotiser pour financer les frais de funérailles d’un compatriote décédé. « Si vous ne le faites pas, il sera incinéré…Vous savez que ce n’est pas dans nos mœurs. Nous, on enterre nos morts » argumente-il. Pratiquement comme en Afrique. Des cotisations lors des funérailles. Finalement, tout durant cette soirée de réveillon, alors tout me rappelait l’Afrique. J’étais à la maison. Chez moi mais ailleurs.

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Une réflexion au sujet de « Réveillon chez les « diaspora »: ça sent l’Afrique ! »

  1. Je crois que tu t’es bien amusé aussi, surtout que là où il y a des congolais l’ambiance ne manque jamais car ils sont sociales, moi de mon côté j’étais à la maison en pleine méditation…

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